La France dans l'histoire du café

La France est le point de départ de nombreux voyages qui ont permis de faire commerce du café et de développer sa culture à travers le globe.
C'est aussi le berceau de plusieurs découvertes, ce qui est moins connu, liées aux procédés de traitement ou machines qui permettent aujourd'hui d'en extraire les meilleurs arômes.

Sur la route du café

Bien des nations ont pris part à la découverte, à l'importation et l'exportation de ce nouveau breuvage magique. La France est une pionnière, avec son lot de voyageurs et de négociants qui furent dans les premiers à croire aux vertus et surtout, au potentiel, des grains de café…

1644

Pierre de La Roque, grand voyageur, est le premier à introduire quelques grains de café à Marseille.

1707

Armateurs et négociants de Saint-Malo s'unissent pour acheter le privilège de la traite du café en Arabie, pour la belle somme de 7000 francs. Et voilà "Le Curieux" et "Le Diligent" qui larguent les amarres direction Moka, sous le commandement de M. de La Merveille. Plusieurs mois au Yémen et le traité commercial est signé.

1715

Le Sultan du Yémen offre quelques 60 plants de caféiers à Louis XIV. 1ère exportation en vue avec le Capitaine Dufresne d'Arsel qui les transporte à l'île Bourbon alias… La Réunion.

1719

Mourgues, ancien soldat, introduit quelques graines de café en Guyane et dès 1722 les premières récoltes abondent.

1720

Le chevalier Gabriel de Clieu en visite en métropole, découvre cette nouvelle plante qu'est le caféier. Il réussit à obtenir du premier médecin du roi, deux arbustes, qu'il a pour mission d'implanter en Martinique. Après un voyage semé d'embûches, "Le Dromadaire" arrive à bon port et bonne nouvelle, le café s'acclimate parfaitement aux Antilles. Rapidement démultiplié, il s'étend à la Guadeloupe et à la République Dominicaine.

1727

Retour à la Guyane florissante qui reçoit la visite d'un officier brésilien venu obtenir quelques graines de café. La réponse du gouverneur est négative, mais son épouse sera plus généreuse que lui. L'officier repart avec les précieuses graines. Et voilà les premiers pas de la culture au Brésil avec l'essor fabuleux qu'on lui connaît par la suite.

1730

La Martinique n'est pas en reste car les caféiers s'épanouissent. Quelques colons décident alors d'exporter du café vers l'Irlande et le Danemark.


Côté machines…

Toutes sortes de machines à café ont vu le jour au cours des deux derniers siècles, les inventeurs de toutes nationalités rebondissant les uns sur les créations des autres !
Les Français ne furent pas en reste, ils y contribuèrent pour une large part dont voici quelques souvenirs…

1800

Jean-Baptiste de Belloy, archevêque de Paris, ouvre le bal en inventant le système de la percolation et de la 1ère cafetière ("La Débelloire" ou "Le Dubelloire"). Deux récipients empilés, séparés par un compartiment contenant le café. L'eau bouillante est versée dans la partie supérieure ; le café infuse lentement et s'écoule dans le récipient inférieur.

1820

C'est du cerveau de Louis-Bernard Rabaut, qu'est née l'idée de la machine expresso. A savoir utiliser de la vapeur afin de pousser l'eau d'extraction sur une fine mouture dont les grains ont été préalablement hautement torréfiés.

1825

La cafetière à dépression de type Cona fait son apparition ; deux globes superposés et fixés à un support, fonctionnant à pression d'air. Le brevet sera déposé par Jeanne Richard en 1837.

1844

Louis Gabet prend le relais en inventant le siphon balancier. Une cafetière composée de deux récipients (en céramique pour l'eau et en verre pour le café), l'eau étant transférée via un tube par effet siphon. Une fois l'eau transférée, le poids déclenchait un balancier qui éteignait le brûleur.

1855

L'exposition universelle de Paris révèle l'avancée d'Edouard Loysel de Santais : le percolateur hydrostatique. Une machine qui produit de grosses quantités de café grâce à la pression d'extraction. C'est là le vrai point de départ qui permettra aux inventeurs italiens de créer "la machine espresso" un siècle plus tard…


En parallèle de toutes ces aventures, le breuvage noir séduisait Françaises et Français de toutes classes. Les premiers cafés ouvraient dans le Sud puis peu après sur Paris. Jusqu'au fabuleux engouement qu'il suscite aujourd'hui…